Guide 2/4 Marketing & Développement Produit Mai 2026

L'emballage change de règles.
Votre brief doit changer aussi.

PPWR et AGEC transforment ce qu'on peut mettre sur le marché, comment on étiquette et comment on conçoit l'emballage dès le brief initial. Ce guide explique ce qui doit entrer dans votre process dès maintenant.

Brief packagingÉco-conceptionÉtiquetage & mentions légalesLancement produit

Pendant longtemps, l'emballage dans le processus de développement produit était souvent traité tard : le produit était défini, le positionnement arrêté, et l'emballage venait habiller tout ça. Les contraintes réglementaires, c'était l'affaire du packaging ou de la qualité.

Ce modèle ne fonctionne plus. Le PPWR et la loi AGEC imposent des contraintes sur les matériaux, les formats, les volumes d'emballage et les mentions qui doivent être intégrées dès la phase de brief produit. Un lancement prévu pour 2027 dont l'emballage n'a pas été pensé sous ces contraintes risque de devoir être reformulé en urgence, ou pire, de ne pas pouvoir être mis sur le marché tel quel.

À retenir avant tout

Un emballage conçu en 2026 pour un lancement en 2027-2028 doit déjà anticiper les règles de 2030. Les cycles de développement packaging durent 18 à 36 mois. Ce qu'on briefe aujourd'hui sera sur le marché quand les grandes obligations PPWR entreront en vigueur.

Ce que le PPWR change concrètement pour un brief produit

Les règles qui doivent entrer dans le cadrage initial de tout nouveau projet

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La taille de l'emballage doit être justifiée

Le PPWR impose un taux d'espace vide maximum de 50 % pour les emballages groupés et e-commerce dès 2030. Pour les emballages de vente, la règle est d'aller au minimum. En pratique : tout emballage avec un espace vide significatif devra être justifié ou reformaté.

Ce qui change dans le brief : intégrer dès le début les contraintes de format minimum cohérent avec le produit. Les emballages « généreux » conçus pour valoriser le produit en rayon seront sous pression réglementaire.

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Le matériau doit être recyclable (classe A, B ou C) en 2030

Tout emballage mis sur le marché à partir de janvier 2030 devra obtenir une note de recyclabilité. Les emballages classés D ou E seront interdits. Les critères précis seront publiés en 2028, mais les orientations actuelles permettent d'identifier les matériaux à risque dès maintenant.

Ce qui change dans le brief : le choix du matériau ne peut plus être uniquement guidé par l'esthétique, le coût ou la performance barrière. La recyclabilité est un critère de go/no-go. Tout matériau complexe (multicouche, associations plastique-aluminium, carton avec coating > 5 % de plastique) doit être validé par l'équipe R&D packaging avant d'être intégré à un brief.

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L'étiquetage de tri va changer — ne pas surinvestir dans le système actuel

Le système Triman et les pictogrammes Info-tri français seront progressivement remplacés par un système d'étiquetage harmonisé européen à pictogrammes (QR code facultatif, en complément), à partir de 2027-2028. Tout investissement lourd dans les artworks basé sur le système actuel sera à réviser.

Ce qui change dans le brief : ne pas créer de systèmes d'information consommateur sur le recyclage incompatibles avec le futur pictogramme européen. Éviter les mentions « emballage recyclable » sans référence au système officiel, elles pourront être considérées comme du greenwashing au regard du règlement Green Claims (en cours d'adoption).

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Certains formats seront interdits dès 2030

L'Annexe V du PPWR liste les formats interdits à partir du 1er janvier 2030 : portions individuelles en restauration assise (sachets ketchup, sucre, sel), emballages plastique pour fruits et légumes frais en dessous de 1,5 kg, kits cosmétiques individuels à l'hôtel, et potentiellement le film de fardelage pour multipacks.

Ce qui change dans le brief : si votre produit entre dans une de ces catégories, le format d'emballage actuel est en sursis. Tout nouveau développement dans ces catégories doit anticiper la transition. Les gammes de produits concernées nécessitent une revue de portefeuille spécifique.

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Les allégations environnementales sur l'emballage sont encadrées

Le règlement Green Claims (en cours d'adoption) et le PPWR imposent que toute allégation environnementale soit vérifiable, fondée sur une méthodologie reconnue et non trompeuse. Les mentions vagues comme « éco-responsable », « respectueux de l'environnement » ou « vert » sans preuve seront interdites.

Ce qui change dans le brief : toute allégation environnementale envisagée sur l'emballage doit être validée par les équipes conformité avant d'être briefée à l'agence créative. Ce n'est plus une décision uniquement marketing.

Le brief packaging post-PPWR : ce qui doit changer

Structure d'un brief intégrant les contraintes réglementaires dès le départ

Brief packaging — Nouvelles rubriques obligatoires Post-PPWR / AGEC

Contraintes réglementaires à valider avant toute direction créative

Catégorie PPWR : Ce format est-il listé à l'Annexe V (formats à interdire en 2030) ? Vérification R&D packaging.

Matériau validé recyclabilité : Le matériau envisagé est-il compatible avec les orientations de recyclabilité 2030 ? Validation R&D requise avant brief créatif.

Absence de PFAS : Si emballage en contact alimentaire, confirmation fournisseur requise avant validation.

Taux d'espace vide : Le format cible respecte-t-il la contrainte de minimisation ? Si > 50 % d'espace vide, justification technique requise.

Étiquetage & mentions légales

Pictogramme de tri : Utiliser le système Triman actuel mais ne pas créer de système personnalisé. Prévoir l'évolution vers le système européen 2028.

Allégations environnementales : Toute mention « recyclable », « éco-conçu », « durable » doit être validée conformité avant intégration dans le brief créatif.

Zone étiquetage : Réserver un espace dans l'architecture artwork pour l'étiquetage harmonisé PPWR à pictogrammes (obligatoire à partir de 2027-2028) et, en complément, un QR code facultatif.

Palette graphique & couverture emballage

Encres recyclabilité : Valider avec R&D Pack que les encres et vernis envisagés sont compatibles avec la recyclabilité du substrat. Certaines encres et vernis dégradent la classe de recyclabilité.

Taux de couverture encre : Pour les emballages plastique, un taux de couverture élevé (> 50-60 %) peut impacter la recyclabilité. Vérifier avec R&D selon le matériau. À noter : réduire la couverture encre joue aussi sur le coût de l'emballage, deux bonnes raisons de briefer sobre.

Pigments noirs : Les emballages plastique noirs (pigment carbone) ne sont pas détectables par les trieuses optiques. Ce choix esthétique a un impact direct sur la recyclabilité.

Couleurs et emballage : les impacts réglementaires concrets

Ce que la réglementation dit (et ne dit pas) sur les choix coloristiques

Ce que la réglementation impose réellement

Ni le PPWR ni AGEC n'interdisent directement une couleur d'emballage. La contrainte n'est pas esthétique, elle est technique : certains pigments ou taux de couverture dégradent la recyclabilité du matériau. C'est une contrainte de formulation, pas de design.

Noir carbone (plastique)

Pigment carbone : non détectable par les trieuses optiques NIR. Impact direct sur la recyclabilité.

À éviter

Noir sans carbone (plastique)

Pigments organiques noirs détectables NIR. Alternative technique viable selon le substrat.

Vérifier avec R&D

Couverture forte (plastique)

Taux d'encre élevé peut réduire la valeur des plastiques recyclés. À évaluer selon le substrat.

Vérifier taux couverture

Blanc / Clair (plastique)

Généralement compatible selon le pigment blanc utilisé (TiO2 acceptable en faibles quantités).

Généralement OK

Carton naturel / kraft

Sur carton sans coating plastique : pas de contrainte de recyclabilité liée à la couleur.

OK sur carton nu

Métallisé / Dorure (plastique)

Couches métallisées ou dorures sur plastique : impact fort selon l'épaisseur et la couverture.

Impact recyclabilité

Ce qu'il ne faut plus faire et l'alternative

Pratiques à abandonner et remplacements concrets

Pratique actuelle Problème réglementaire Alternative recommandée
Allégation « emballage recyclable » sans précision Potentiel greenwashing selon Green Claims. Non vérifiable sans référence à un système officiel. Mention conforme au système Triman actuel. Attendre le pictogramme PPWR pour 2028.
Plastique noir (pigment carbone) pour un emballage alimentaire Non triable par les systèmes optiques de tri. Classe de recyclabilité dégradée. Pigments noirs organiques compatibles NIR. Ou changement de couleur : foncé non-noir (vert, bleu foncé) selon le positionnement.
Surcontenant bien plus grand que le produit pour valoriser le rayon Espace vide > 50 % : non conforme à partir de 2030 pour les emballages groupés. Travailler le format au plus juste du produit. Valorisation par matière, finition, typo — pas par volume.
Film de fardelage (regroupement) plastique sur multipack (format boutique/GMS) Potentiellement interdit en 2030 selon clarification Annexe V attendue en février 2027. Anticiper la transition vers carton, colle repositionnable ou clip. Ne pas lancer de nouveau design sur ce format avant la clarification.
Portionner en sachets individuels pour la restauration assise Interdits par Annexe V PPWR dès 2030 (sel, sucre, ketchup, condiments en HORECA). Formats rechargeables, distributeurs, portions en vrac. À anticiper dans les gammes Foodservice.

Pour un plan d'action complet avec toutes les échéances PPWR par type d'emballage et par secteur, consultez la roadmap détaillée.

Accéder à la roadmap PPWR complète

Sources : Règlement (UE) 2025/40, Guidance Commission 30 mars 2026, Loi AGEC, Règlement Green Claims (en cours d'adoption). Contenu vérifié au 10 mai 2026.